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« Lors de notre mission au Burkina Faso, j’ai rencontré mon mari »

« Lors notre mission Burkina Faso, jai rencontré mon mari
Marie Kanla, promo 2004-2005.
Marie Kanla vit aujourd’hui en Afrique, au Burkina Faso. Mais il y a seize ans, elle était étudiante du D.U (Bac +3) Conduite de Projets Humanitaires de l’IFF Europe. Du métier d’infirmière à celui d’ébéniste, retour sur une trajectoire.

Qu’est-ce qui t’a conduit à l’IFF Europe ?

Marie Kanla : Au début des années 2000, je faisais des études d’infirmière car j’aimais le côté relation humaine et attention à l’autre de ce métier. Hélas, après ma formation, je me suis aperçue que l’idée que je m’étais faite du métier d’infirmière était tout autre et que ce n’était pas dans ces conditions que je voulais l’exercer. En rencontrant des jeunes de Fondacio, j’ai connu par la même occasion l’IFF Europe. Je me suis alors lancée dans le D.U Conduite de Projets Humanitaires proposé dans cette école et ce, durant l’année 2004-2005, afin de pouvoir me poser et prendre du recul. Cette année m’aura permis d’amorcer des changements sur moi-même, de mieux me connaître et surtout de savoir au moins où je ne voulais plus aller.

Au final, le D.U Conduite de Projets Humanitaires a-t-il été un tremplin dans ta vie ? 

Oui, cela m’a permis de me réorienter dans le social mais toujours avec cette casquette d’infirmière. En France, bien souvent, il est difficile de sortir des cases alors qu’au Burkina Faso (pays où je réside), j’ai pu développer plusieurs casquettes professionnelles et découvrir que j’avais de multiples potentiels.

Quel est ton meilleur souvenir à l’IFF Europe ? 

Cela date… en tout cas je garde le souvenir d’une vraie fraternité entre nous, avec beaucoup de bienveillance de la part de tous. J’ai même gardé contact avec quelques-uns. J’ai beaucoup aimé aussi la vie en maisonnée où nous étions une dizaine d’étudiants de cultures et d’univers différents : un vrai bonheur ! Lors de notre mission au Burkina Faso, j’ai rencontré mon mari avec qui je partage ma vie depuis quinze ans.

Lorsque j’ai fait le choix de venir m’installer au Burkina Faso et de lâcher la France, cela n’a pas été fait sans peurs, craintes, angoisses.

Qu’as-tu fait en sortant de l’IFF Europe ? 

Après l’IFF Europe, j’ai orienté mon parcours professionnel vers le travail social. J’ai travaillé avec des publics divers pendant sept ans : accueil de mineurs isolés étrangers, cité de l’enfance, centre de post-cure pour personnes en situation de toxicomanie, SAMU social. Puis j’ai eu l’envie et le besoin de faire un break et  nous avons fait le choix (avec mon mari) de revenir au Burkina Faso.

Y as-tu trouvé du travail ?

En fait, avec mon mari, nous avons monté notre entreprise d’ébénisterie. Nous valorisons le bois sec sur pied en du mobilier et des objets de décoration design (visible sur notre site www.kaala.africa). Dans cette aventure, je suis chargée de l’administratif, de la comptabilité, de la relation client, du marketing… En parallèle, cette année, je me suis formée en ligne pour devenir coach certifié ICI (Institut de Coaching International). D’ici quelques mois, je compte développer mon activité pour accompagner des adolescents et des adultes (en e-coaching ou en présentiel) sur des problématiques diverses telles que la confiance en soi, l’estime de soi, la régulation émotionnelle, les transitions de vie, etc.

Quels conseils pourrais-tu donner aux étudiants de l’IFF Europe pour qu’ils prennent leur envol et deviennent des acteurs du monde à venir ? 

L’IFF Europe permet d’entamer un travail sur la connaissance de soi, pouvant conduire à nous révéler et à exprimer tout notre potentiel dont le monde a besoin. Je leur dirai d’oser et de s’autoriser à aller à rencontre des autres. Lorsque j’ai fait le choix de venir m’installer au Burkina Faso et de lâcher la France, cela n’a pas été fait sans peurs, craintes, angoisses. Mais j’ai deux phrases qui me portent toujours à l’heure actuelle et qui m’aident à mettre un pas devant l’autres lorsque je doute : « L’important, c’est le chemin : peu importe que tu te trompes, c’est les pas que tu fais, c’est l’expérience que tu tires dans chaque chose qui est importante. » Et l’autre phrase qui m’aide : « Ce n’est pas parce que c’est difficile que cela n’est pas possible ». Bref, continuez d’y croire, foncez et avancez !